
Association des clubs de water-polo francais

Il y a eu les Barjots et les Experts au handball. Il y aura les Galériens du polo. Franck Missy a trouvé ce surnom pour préparer le RN89 au combat qui l'attend la saison prochaine.
Les Rémois reviennent en effet en Elite, d'où ils avaient disparu il y a deux saisons, avec des moyens qui feront d'eux de modestes candidats au maintien. La course à l'armement pratiquée par les autres ne leur laisse pas d'autres possibilités.
Pire, la surenchère a été lancée par des clubs de N1 et N2, les premiers à sortir les gros biftons. Résultats, Reims a perdu des contacts pourtant bien avancés en avril avec Guilloteau et Chytil (Fleury-lès-Aubrais) et a dû se résoudre à laisser partir un de ses cadres. Endré Juhasz ne pouvait pas refuser la proposition d'Arras (N1).
Avec le Croate Ivor Eskinja
Le RN89 perd un cadre, un de ses rares joueurs à avoir connu l'Elite. Comme Xavier Legranger (raisons familiales) et Guillaume Sellier (raisons professionnelles) ne seront plus disponibles, l'effectif sera amoindri. La mise à la retraite anticipée du gardien Philippe Poulain (31 ans) participe aussi de son rajeunissement (22 ans de moyenne d'âge) mais le capitaine se consacrera à l'entraînement des -17 engagés en championnat de France et des féminines. Nouveauté, le RN89 aura en effet des filles en N2.
Pour compenser ces quatre départs, seul Ivor Eskinja a été recruté pour l'instant. Vu à Strasbourg et Saint-Jean d'Angely en Elite, le Croate de 22 ans supplée le Hongrois Juhasz. Les trois postes d'étrangers sont pourvus.
Le RN89 attendra des bonnes opportunités sur le marché pour trouver des Français pas chers, en priorité un gardien aux côtés du jeune Alban Barthow. «Avec cet effectif, on ne revendiquera qu'un maintien», tranche Franck Missy. «Si on l'obtient, ce sera une grosse perf. Je compte sur l'enthousiasme et nos valeurs de solidarité développée depuis deux ans. Il nous faudra être inventifs et créatifs. La mission sera délicate. Elle peut faire peur mais elle est aussi excitante.»
Puiser dans ses ressources
Pour le RN89, il n'y a pas d'autre recette que le travail. Pour s'en sortir cette année comme pour continuer à exister ensuite. Même si ses charges fixes vont doubler voire tripler (*), il doit se débrouiller car les aides sont constantes. La municipalité n'a pas voulu accorder une rallonge. En revanche, elle autorise la pose de panneaux publicitaires permanents au Nautilud et a débloqué d'autres créneaux d'accès au bassin. C'est ça de gagné aussi pour le projet de formation que mène le club qui sait que «puiser dans ses ressources», dixit Missy, sera le seul moyen pour le club d'assurer sa pérennité.
Ph.L.
(*) En N1, ses voyages étaient majoritairement dans le Nord/Pas-de-Calais et l'Ile-de-France. En Elite, Nice, Marseille, Aix-en-Provence, Sète ou Montpellier sont au programme. En frais de déplacement, hôtellerie comme pour le budget nourriture, ce n'est plus la même chose.
Source : Journal L'Union